Le mot traumatisme provient du grec trauma qui signifie blessure, blessure qui peut être physique, psychique, voire les deux. Un traumatisme est un choc reçu intense auquel nous ne nous étions pas préparés et qui nous dépasse.
Qu’est-ce qu’un traumatisme ?
Un choc reçu pour lequel les capacités d’absorption de l’individu sont dépassées, l’intensité du choc n’est pas prévue par l’organisme. Il y a aussi une notion de temporalité : la douleur va subsister, voire s’amplifier dans le temps après le choc. C’est ce qu’on appelle l’après-coup du traumatisme.
Le choc n’est pas forcément violent et unique, il peut être une succession de chocs moins puissants mais répétés dans le temps, qu’on appelle microtraumatismes, pouvant être tout aussi destructeurs sur le long terme.
Le stress post-traumatique
Le traumatisme provoque un état de stress permanent. L’utilité biologique du stress est de nous préparer à une action visant à assurer notre survie : combat ou fuite. Face au stress post-traumatique, cette réponse n’est pas possible et provoque une impasse.
Un simili de fuite sera souvent adopté : nous fuirons les images du trauma et les situations qui peuvent nous ramener à la situation vécue comme traumatique. Mais notre réponse biologique face au trauma n’est pas appropriée notre cerveau n’est pas préparé à cela.
Le cas de l’enfant
Le cumul de microtraumatismes comme des moqueries fréquentes à l’école provoquera un désir de fuite. Mais l’enfant ne pourra pas fuir, il sera comme enfermé. Devant cette impossibilité, il cherchera à disparaître en se faisant tout petit. Ce comportement se retrouve aussi chez l’adulte face à une situation d’inconfort intense.
La dissociation de la personnalité
Cette impossibilité de fuir va amener l’individu à quitter le réel de manière symbolique. Il pourra y avoir une dissociation du moi, de la personnalité. La vie continue et l’on doit continuer à vivre normalement, mais on sera à la fois présent et absent dans cette réalité que l’on ne supporte plus.
On va se créer une nouvelle personnalité, et peu à peu elle va prendre le dessus sur l’ancienne. On va oublier qui on était avant le traumatisme. Cette lutte entraîne une dépense d’énergie très forte et diminue nos capacités d’absorption des accidents de la vie, même ceux qui semblent anodins.
Le faux self, D. Winnicott
Nous retrouvons exactement le même mécanisme qu’avec le traumatisme, je renonce à mon ancienne personnalité et je m’en crée une nouvelle. Nous sommes ici en plein dans la théorie psychanalytique du faux self théorisée par le psychanalyste anglais Donald Winnicott.
Le traumatisme à retardement
Le traumatisme peut être vécu à retardement. L’individu vit un traumatisme fort puis arrive à s’en sortir tant bien que mal. Un jour, un nouveau traumatisme moins fort le relie dans son psychisme au traumatisme passé. Ce qu’il revit dans le présent va rendre inacceptable ce qu’il a vécu dans le passé, alors qu’à l’époque il l’avait plutôt bien vécu.
Dépasser le traumatisme
Nous avons tous en nous les capacités de dépasser le trauma, mais certains d’entre nous pourront avoir besoin d’une aide temporaire. Le thérapeute devra montrer que la vie ne s’arrête pas au trauma, qu’un ailleurs est possible et qu’un espace des possibles peut être créé dans lequel l’individu traumatisé pourra renaître.
Moins on est préparé à un trauma, plus il aura des effets destructeurs. Ses effets peuvent être amoindris si la personne est soutenue avant qu’elle refoule et si son entourage ne dénie pas ce qui lui est arrivé.
Pour guérir d’un trauma, il faudrait le revivre dans un environnement sécure et y trouver une issue favorable — rejouer le trauma dans un cadre thérapeutique protecteur.
Ce qui compte, c’est l’après
Nous pouvons voir le traumatisme, même s’il est difficile à vivre, comme quelque chose qui nous fait évoluer. Sachant que nous avons tous vécu des traumatismes dans notre vie dont un au tout début de notre arrivée au monde : le traumatisme de la naissance, théorisé par Otto Rank, psychanalyste contemporain de Freud.
Ce qui compte, c’est l’après et ce que nous en faisons.
